Le Blog d'Oren Toledano ouvre des thèmes épineux et sans langue de bois sur Israël, le monde juif, les relations diaspora-Israël, le sionisme moderne, la responsabilité personnelle et autre valeurs associées au judaïsme.
jeudi 11 novembre 2010
Fous ou héros? novembre 2010
Ouvrir les rideaux et savoir, savoir profondément, intérieurement, instinctivement ce qu'on va trouver derrière; descendre acheter des croissants et sourire au fleuriste en passant devant sa vitrine, sauter au dessus de l'éternelle flaque d'eau en bas de chez soi sans même y réfléchir; se rendre au bureau en passant par un raccourci que personne ne connaît, manger les plats de sa mère en les savourant naturellement -sans penser au lendemain; regarder la télévision, lire le journal, lire les enseignes des magasins, rire d'une blague à la radio, d'une imitation d'un collègue de travail. Vivre naturellement, spontanément, ouvertement et sans réfléchir au sens, à la finalité et à la perception de chacun des ses actes.
Qui faut-il être pour vouloir mettre un terme à cela? Pour vouloir s'écorcher à vif? Pour commencer à mélanger de la tristesse à chaque joie? Quelle sorte d'homme change le cours de sa vie afin de stopper la spontanéité et le vécu intuitif de son existence? Quel est l'être humain réfléchi qui de son plein gré irait se placer dans une situation d'infériorité? De risque? De peur? Ou même d'extrême réflexion et de doutes?
Peut être est il un être stupide? Son ratio ne fonctionne pas à son maximum et il n'a pas bien calculé les pertes face aux gains. Mais les gains se calculent ils toujours en argent? Et à quel terme? Moyen terme? Long terme? Long terme, c'est toute une vie… ou plus?
Peut-être qu'il est fou? Il faudrait être dingue pour faucher sa vie au milieu, pour infliger ce même sort à sa famille, à ses enfants. Mais alors, pourquoi sont-ils si nombreux comme lui? La folie ne fait elle pas partie intégrante des décisions les plus importantes de ce monde? Est-ce qu'être fou c'est sortir des normes? Des chemins battus, des destins tous tracés?
Peux être est il illuminé? Ca doit être cela, il ne différencie pas entre rêve et réalité, il pense qu'il peut transposer son subconscient au conscient et forcer Jérusalem d'en bas à être Jérusalem d'en haut. Mais… six millions de juifs en 60 ans qui se retrouvent après 2000 ans, est-ce une illumination?
Peut être est il amoureux? En s'endormant le soir, il pense à elle et en se levant le matin, il s'oriente vers elle. La distance entre eux le tue. Il ne peut plus vivre seulement de romantisme et d'espoir, il veut de cette relation qu'elle soit charnelle, réelle, violente, brulante et explosive!
S'il est amoureux alors… alors, moi aussi je l'aime. Je l'aime pour son amour et ses rêves, je l'aime pour sa folie, sa stupidité et son manque de rationalisme.
Je l'aime aussi pour ce qu'il n'est pas.Il n'est pas hypocrite, il n'est pas peureux, il n'est pas lâche, il n'est pas irresponsable, il n'est pas égoïste, il n'est pas imbus de sa personne, il n'est pas narcissique, il n'est pas perdu… il n'est plus perdu.
Cette année, lui aussi, comme 2000 de ses frères de France, a décidé de sauter au dessus d'une flaque immense et ainsi, transformer cette folie en la raison la plus claire, et cet amour d'adolescent en une alliance forte et fière.Je monte donc je suis!
Par Oren Tolédano .co-directeur de l'agence juive France
mardi 29 juin 2010
Et toi, tu as fait quoi aujourd'hui pour l'État D'Israël? juin 2010
Il s'appelle O. ou A ou bien Y. Dans ce monde impitoyable même la phrase "chaque homme a un nom" n'est plus toujours vraie. Il est né en 1990 ou 1991 ou bien 1992, comme toi peut-être. A cette époque son père et son grand frère rêvaient devant la Dream-team de Michael Jordan et espéraient que la paix montre son nez en Espagne ou en Norvège et peut être enfin en Israël aussi. On peut dire qu'il a grandi sous Oslo, oui on peut dire ça comme ça. Il a grandi, adoré par sa mère, épaulé par son frère, poussé en avant par son père. Les souvenirs sont beaux et simples. Les shabbats matins à la synagogue. Les repas en familles, les angoisses avant les examens, son premier amour secret avec la belle Yaël. Et les journées Barbecues pendant Yom Haatsmaout, il se disputait toujours avec son frère à qui allumerait le feu et serait responsable des grillades. Sa bar-mitzva au Kotel, simple, mais forte, belle, pure. Et puis la deuxième intifada, l'angoisse de sa mère dans les yeux, tous les matins, quand il quittait la maison. Les sermons de son père qui disait "que nous n'avons pas d'autre maison et que celui qui aura le plus de souffle vaincra". Les informations avec le bruit des sirènes, les visages sur les écrans, le monde qui nous condamne. Et puis il y a eu Myriam et leur amour à l'ombre de l'angoisse et de la peur et lui qui devenait un homme et qui commençait à comprendre pourquoi il était la. Puis le calme, le stress du bac qui approche. Ensuite la guerre au Liban et l'angoisse continue pour son grand frère qui combattait là-bas. Et qui a perdu des amis, là-bas. Et la rage qu'il avait de se sentir inutile; de se sentir trop jeune, trop inexpérimenté pour agir, pour faire quelque chose.Puis le bac, il s'y est mis sérieusement, surtout aux maths et à l'informatique, ca le branche le net, le hi-tech, il rêve peut être un jour, lui aussi, d'ouvrir sa boite et pourquoi pas de décrocher le gros lot. Et les discussions avec sa famille. Son oncle aux Etats-Unis qui propose de payer les études à Stanford, s'il est reçu "l'armée attendra non?". Et son cousin Michael de Paris qu'il voit assez souvent pendant les vacances, lui dit que les études sont gratuites en France et qu'il peut vivre chez eux. "Il y a plus de restaurants cacher à Paris qu'à Tel-Aviv" qu'il disait. Et puis vint la décision; les entrainements, les concours, les épreuves, le gout de la sueur qui dégouline sur le front, colle et se mêle au sang. Le gout du sel et de la peur. L'amitié, la confrérie, le sentiment qu'on fait quelque chose de grand, d'immense, d'intense. Et puis il y a eu le jour J. Il a jeté un coup d'œil dehors avant de se jeter dans le vide, tout allait si vite. Le bruit des rotors dans les oreilles, le grésillement de la radio qui crache des ordres et puis il voit. Il voit S. allongé au sol et rué de coups, il voit son meilleur ami L. en train d'être jeté de bord. Vit-il encore? La peur, le visage de sa mère, l'odeur douce de Myriam et le drapeau qu'il accrochait toujours sur la fenêtre avec émotion pendant Yom Yerushalaim. Il a dégainé. Apres quelque jours il est la seul, triste, le monde est sur notre dos encore une fois. Mais S. est vivant, L. s'en sortira et lui sait définitivement pourquoi il s'était levé ce matin-là, pourquoi il est là en Israël et pas ailleurs, et il sait à 100 pour cent sur de lui-même que si il n'avait pas été là lui, il n' y aurait surement pas eu quelqu'un d'autre à sa place pour le faire. Et toi, tu as fais quoi aujourd'hui pour ton peuple? Pour l'état d'Israël?
Oren TolédanoDirecteur AlyahAgence Juive Pour Israël
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